
Salaire d’un trader : un fixe, un bonus, ou rien du tout

Même intitulé sur deux profils LinkedIn, deux relevés bancaires qui n’ont rien à voir. Le premier reçoit un fixe le 28 du mois et attend son bonus de fin d’année. Le second vient de clôturer un mois à zéro, et personne ne lui doit un euro. Si vous cherchez le salaire d’un trader, commencez par choisir lequel des deux vous voulez devenir. Un seul des deux chemins a une réponse chiffrée, et ce n’est pas forcément celui que vous imaginez.
« Salaire d’un trader » fait partie des recherches que Google propose de lui-même quand on tape le mot trader. La question est légitime, surtout quand on sort d’école ou quand on regarde son métier actuel en se demandant si on va le faire encore dix ans. Le problème, c’est que la plupart des réponses mélangent deux métiers qui n’ont ni le même recrutement, ni le même risque, ni le même rapport à l’argent. Tant qu’on ne sait pas de quel trader on parle, un chiffre ne veut rien dire.
Le trader salarié : un poste rare, et devenu rare
Le trader salarié travaille dans une banque, une société de gestion ou une maison de trading pour compte propre. Il a un contrat, un fixe et un bonus. S’il perd, c’est l’établissement qui porte la perte, et c’est l’établissement qui décide s’il garde son poste.
Ce métier n’a pas toujours été aussi fermé. Depuis la crise de 2008 et les règles qui l’ont suivie, les banques ont fortement réduit le trading sur leur propre argent. Ce qui reste en salle de marchés consiste surtout à exécuter les ordres des clients et à animer les marchés pour eux, avec beaucoup moins de postes qu’avant. C’est le constat qui a poussé Grégory Cacace à fonder Xeilos : beaucoup de candidats, très peu de places. Pour les obtenir, les fiches métier parlent presque toutes d’un bac+5 en finance ou en mathématiques, complété par des stages. La certification AMF, un QCM de 120 questions avec 80 % de bonnes réponses exigées, est obligatoire pour plusieurs fonctions, dont celle de négociateur. Elle est ouverte à tous, valable à vie, et ne remplace aucun diplôme. Dans la pratique, c’est le plus souvent l’employeur qui la fait passer une fois le candidat recruté.
Une troisième porte existe, moins connue : les maisons de trading pour compte propre, qui emploient leurs propres traders et recrutent sur des tests internes plutôt que sur le diplôme. Les places y sont rares aussi, et ce n’est pas le débouché que prépare notre parcours. Si cette voie vous attire, adressez-vous directement à ces maisons.
Sur la rémunération, nous allons être francs. Des fourchettes circulent pour un junior, avec un fixe confortable et un bonus qui peut dépasser le fixe. Nous n’avons trouvé aucune source officielle qui les confirme, et nous ne publierons pas un chiffre que nous ne savons pas recouper. Ce que l’on peut dire sans se tromper, c’est que tout se joue sur le bonus, et que le bonus dépend du desk, de la banque et de l’année. Posez la question aux recruteurs et aux anciens de votre école, pas à un article.
Le trader indépendant : pas de fiche de paie, pas de filet
Le trader indépendant n’a ni employeur ni bulletin de salaire. Il trade son propre capital, ou celui d’une prop firm. Aucun diplôme n’est exigé pour trader avec son propre argent. Voilà pourquoi « devenir trader sans diplôme » et « bac+5 minimum » sont deux affirmations vraies en même temps : elles décrivent deux métiers.
Attention au mot, parce qu’il désigne deux choses opposées. La prop firm dont on parle ici n’est pas la maison de trading qui salarie des traders. C’est une société qui met son capital à disposition d’un particulier ayant réussi une évaluation payante. Cette évaluation fixe un objectif de gain, parfois un délai, et surtout deux limites de perte : une perte maximale par jour, et une perte maximale sur l’ensemble du compte, le drawdown, parfois recalculée à mesure que le compte évolue. C’est le dépassement de cette seconde limite qui fait échouer la plupart des candidats. Chaque tentative coûte de l’ordre de cent à plusieurs centaines d’euros selon la taille du compte visé, et chaque échec se repaie. En cas de réussite, vous tradez le capital de la société et vous touchez une part des gains, versée sous forme de payout.
Le prix de cette liberté se lit dans les chiffres. En 2014, l’AMF a étudié 14 799 particuliers actifs sur le Forex et les CFD en France. Sur quatre ans, 89,4 % ont perdu de l’argent. La perte moyenne est de 10 887 euros, la perte médiane de 1 843 euros : un client sur deux a donc perdu plus de 1 843 euros, et quelques très gros perdants tirent la moyenne bien plus haut. Les day traders de Taïwan suivis par Barber, Lee, Liu et Odean entre 1992 et 2006 ne font pas mieux : moins de 1 % gagnaient de façon prévisible après frais. Ces études ont des limites qu’il faut dire. Elles datent, elles portent sur des particuliers qui spéculent à levier chez des courtiers en ligne, et elles ne disent rien des prop firms ni du trading au carnet d’ordres. Elles décrivent très bien, en revanche, ce qui arrive en moyenne à ceux qui se lancent sans méthode.
Chez le trader indépendant, la question du salaire change donc de nature. Un mois sans gains est un mois sans revenu, et un payout n’est pas un virement de paie. Les premiers mois d’un débutant se soldent le plus souvent par des pertes, c’est ce que disent les chiffres, et c’est pourquoi la somme consacrée à l’apprentissage se fixe par écrit avant d’ouvrir le moindre compte. Elle doit pouvoir disparaître sans toucher au loyer ni à l’épargne de précaution. Si l’écrire fait déjà mal, réduisez-la. Reste la question du statut sous lequel déclarer ces revenus : les sources divergent, cet article ne tranchera pas à leur place, et une heure chez un expert-comptable avant le premier gain coûte moins cher qu’une mauvaise surprise après.
Les deux métiers côte à côte
| Trader salarié | Trader indépendant | |
|---|---|---|
| Comment on y entre | Bac+5, stages, sélection par l’employeur, certification AMF | Aucun diplôme exigé ; évaluation payante pour une prop firm |
| Qui porte la perte | L’établissement | Vous : votre capital, ou vos frais de tentative à chaque échec |
| Nature du revenu | Fixe plus bonus, chaque mois | Payouts irréguliers, zéro certains mois |
| Risque principal | Ne jamais décrocher le poste | Perdre son capital d’apprentissage |
| Avant le premier euro | Plusieurs années d’études | Plusieurs mois d’apprentissage, sans revenu garanti |
Où se situe le parcours Xeilos
Xeilos ne forme pas des traders de salle de marchés. Ce recrutement passe par les écoles, les stages et les processus de sélection des banques, et nous ne vous le vendrons pas. Une partie de notre équipe vient pourtant de ce monde-là : Marc-Antoine de Villiers, notre directeur pédagogique, est passé par des sociétés de trading à Amsterdam et à New York avant de se consacrer à la formation. C’est cette expérience du terrain que nous transmettons, dans une voie différente : celle du trader indépendant, avec un débouché concret, l’évaluation d’une prop firm partenaire pour trader avec son capital plutôt qu’avec le vôtre. Cette évaluation est payante, et le trading comporte un risque de perte. Nous ne le cachons pas et nous ne promettons aucun revenu.
Ce qu’un cadre veut dire, concrètement
Une règle de risque, c’est une perte maximale par position et par journée, écrite avant d’ouvrir la plateforme, et qu’on ne renégocie pas avec soi-même à 15 h parce que le marché « va forcément revenir ». Beaucoup de traders la fixent autour de 1 à 2 % du compte par position ; le chiffre exact dépend de votre capital et de votre méthode, l’important est qu’il existe avant le premier trade. Un journal de trades, c’est chaque position notée avec la raison d’entrée, la sortie, et ce qu’on aurait dû faire. Chez nous, la lecture du marché se fait au carnet d’ordres, c’est-à-dire la liste des ordres d’achat et de vente en attente, que le graphique en bougies ne montre pas. Des formateurs relisent vos erreurs avant qu’elles ne coûtent cher, et une communauté de Xeilosiens et de Xeilosiennes les a déjà faites avant vous.
Temps, argent, et ce que nous ne promettons pas
Le Mastère dure 550 heures, le programme Prop Firm 136 heures. À 8 à 12 heures par semaine, le rythme indiqué dans notre FAQ, cela représente 11 à 16 mois pour le premier et 3 à 4 mois pour le second, à côté d’un emploi. Le CPF crédite 500 euros par an, dans la limite de 5 000 euros, avec un reste à charge de 150 euros que votre employeur peut prendre en charge ; vérifiez votre solde sur le site officiel Mon compte formation. Il ne finance que les formations qui débouchent sur une certification, ce qui est le cas du Mastère. Le prix total n’est pas affiché en ligne, il se discute en rendez-vous : demandez-le dès le premier échange, avec le détail de ce qui reste à votre charge. Sur les résultats de nos anciens, nous ne publierons un chiffre qu’accompagné de sa méthode de calcul. Demandez-la aussi. Une formation qui ne supporte pas cette question ne vaut pas votre temps.
Deux conseils que nous donnons systématiquement. Gardez votre emploi au début si vous le pouvez : un salaire vous laisse le temps de vous tromper sans vous mettre en danger, et vous permettra de partir par choix plutôt que par urgence. Et ne laissez personne vous dire que l’âge ferme la porte : la page de l’AMF sur sa certification ne mentionne aucune limite d’âge, et nous avons consacré un article à la reconversion dans le trading à 40 ans.
Alors, combien gagne un trader ? Un fixe et un bonus si vous visez la salle de marchés, avec un parcours qui se joue surtout à l’entrée. Rien de garanti si vous visez l’indépendance, avec un apprentissage qui se paie en pertes avant de se payer en gains. Si vous avez le diplôme et le profil pour la première voie, commencez par vos anciens d’école et les recruteurs. Si vous n’avez ni l’un ni l’autre mais du temps, un emploi à garder et une somme que vous acceptez de perdre pour apprendre, la seconde voie existe. Les questions qui comptent ne portent pas sur le chiffre mais sur vous : combien êtes-vous prêt à perdre pendant l’apprentissage, combien de mois tenez-vous sans revenu, et à quel seuil vous arrêtez-vous. Celles-là, personne ne peut y répondre à votre place.
Si vous voulez les poser à des gens qui tradent au quotidien, la page de formation Xeilos présente le Mastère, les pistes de financement par le CPF et France Travail, et permet de prendre rendez-vous avec un membre de l’équipe. Venez avec vos questions, surtout celles qui touchent à l’argent : coût total, prérequis, financement exact et manière dont les résultats annoncés sont calculés. Nous préférons y répondre avant que vous ne vous engagiez.
Le trading comporte un risque de perte pouvant aller jusqu’à la totalité du capital engagé. Cet article est informatif et ne constitue ni un conseil en investissement, ni un conseil fiscal ou juridique.
Sources
- AMF, Lettre de l’Observatoire de l’épargne n°10, octobre 2014
- MoneyVox, CFD/Forex : 10 000 € de perte moyenne, 13/10/2014
- Barber, Lee, Liu, Odean, The cross-section of speculator skill (eScholarship)
- AMF, examen AMF (page officielle)
- AMF, Position DOC-2009-29, questions-réponses certification
- France compétences, fiche RS5878 examen AMF
- Service-Public, CPF d’un salarié du secteur privé (via code.travail.gouv.fr)
- WebLex, reste à charge CPF 150 €, 08/04/2026
- L’Hôtellerie Restauration, reste à charge pris en charge par employeur ou OPCO
- WBUR / AP, règle Volcker approuvée, 10/12/2013
- FXNX, règles FTMO 2026
- LuxAlgo, tarifs FTMO
- PickMyTrade, types de drawdown
- Backtrex, causes d’échec au challenge (blog)
- CME Group, The 2 Percent Rule
- Quantt, processus Optiver
- UNSW Careers, recrutement Flow Traders
- DogFinance, Xeilos : Mastère Expert des marchés financiers
- DogFinance, Xeilos : Trading avec les prop firms
- Vues39

